Le président de l’AfrEA appelle à une nouvelle ère pour l’évaluation en Afrique lors de la 15e AGA de l’EEvA
« Une nation qui évalue est une nation qui apprend, s’adapte et progresse. »
Ces mots, prononcés par le Dr Miché Ouédraogo, président de l’Association africaine d’évaluation (AfrEA), ont donné le ton à un moment charnière de la gouvernance africaine cette semaine. S’exprimant lors de la 15e Assemblée générale annuelle de l’Association éthiopienne d’évaluation (EEvA), qui s’est tenue les 14 et 15 octobre 2025, le Dr Ouédraogo a présenté une vision audacieuse pour l’avenir du développement dans la région.
Sous le thème « Accélérer le développement de l’Éthiopie : renforcer les capacités nationales d’évaluation », l’assemblée a réuni les principales parties prenantes afin de discuter de la manière dont une gouvernance fondée sur des données probantes peut favoriser des progrès tangibles.
Un écosystème unifié pour le développement
Tout en saluant le leadership actuel de l’Éthiopie en matière de gouvernance fondée sur des données probantes, le Dr Ouédraogo a souligné que la prochaine étape consistait à briser les cloisonnements. Il a appelé à la mise en place d’un cadre institutionnel coordonné dans lequel trois composantes essentielles fonctionneraient comme un écosystème cohérent :
- Les organismes de planification
- Les agences de suivi
- Les institutions de contrôle
Professionnalisation et responsabilité
Le Dr Ouédraogo a souligné que pour être efficace, l’évaluation doit être crédible. Cela nécessite la professionnalisation des évaluateurs, fondée strictement sur l’éthique, l’indépendance et l’excellence technique.
En outre, il a plaidé en faveur d’un changement de culture nationale, dans laquelle la responsabilité n’est pas seulement une obligation imposée par le haut, mais une exigence venant de la base. Il envisage une société dans laquelle les citoyens exigent activement des preuves et contribuent à l’élaboration des politiques publiques.
L’intervention a délivré un message fort, appelant à redéfinir l’objectif même de l’évaluation. Le Dr Ouédraogo a souligné que l’évaluation ne doit pas être un outil de sanction ou de punition, mais plutôt un catalyseur de transformation. L’Éthiopie se positionne comme un modèle continental montrant comment les nations africaines peuvent s’approprier leurs données et leur avenir.
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